Le soleil dans une flaque d’eau
entre déluges comme un cadeau
Bab Kasba, place Tabor
caoutchouc géant, sans usine, la paix matinale, fabor.
Tour de ruelles – Znqa.
Les fils du détroit
Abdelwahid gratte des cordes pour les passants mal réveillés et pour les chats.
Setar si tôt, démarre la douce heure
bientôt midi à cette porte.
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Les fils du détroit se relient d’une rive à l’autre.
Bobine inégale.
Les filles et fils du détroit voguent,
parfois sur place, des miles plein les yeux, pas tant que ça.
Fantasmes à portée de regard.
Une bande floue dans la brume contenant des rêves, l’avenir et le passé.
Un détroit pas si large selon le côté où l’on est situé.
Nujabes. Défilé de nuages d’un côté.
Ciel sans voile de l’autre.
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La mer cède, esprit du sable déshydraté pierres déserts goutte d’or en filigrane, un trou de serrure sur la ligne d’horizon.
La position de l’échelle, un point de vue.
Certains s’affirment supérieurs, d’autres perdent des points de vie.
Qui a mis l’Afrique sous l’autre continent ?
Qui en a fait un sous-continent ?
Maintenir dans le désordre les histoires, statu quo de l’inférieur ou inégal.
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Et si on redistribuait les cartes, les images inertes, les échelles des levants, les imaginaires qui se débrident aux soleils couchants.
Imagine. Les portes de Gibraltar comme un Nord nouveau, seuil d’une Méditerranée s’écoulant vers le ciel, une porte des étoiles, deux continents face à face et non plus l’un sur l’autre, dos à dos.
Tanger, février 2024